Des études de sol qui posent question

Suite à notre mobilisation, Chambéry métropole a mis en consultation publique dans ses locaux le vendredi 13 février 2015 les deux études de sol réalisées par la Ville de Chambéry en 2013 et 2014 qui ont servi à justifier l’urgence de l’opération de dépollution engagée par l’Agglomération le 3 février 2015 dans les jardins de la Cassine.

Nous avons pu consulter ces deux études le lundi 16 février :

  • La première étude, réalisée en octobre 2013, montre la contamination du sol par trois métaux lourds (Cuivre, plomb, zinc) sur les 8 métaux lourds analysés. Elle montre également la contamination par le plomb et le cuivre des deux racines analysées (un topinambour et une racine de cardon). Le taux de plomb mesuré dans ces légumes est de 38 mg/Kg MS, celui du cuivre de 22 mg/Kg MS, soit tous deux supérieurs à la norme fixée à 10 mg/kg ; celui du zinc est inférieur à la norme (150 pour 250 mg/kg).
  • La deuxième étude, réalisée en janvier 2014 montre la contamination des 5 points de mesures en plomb et cuivre à des taux supérieurs aux normes réglementaires pour l’épandage de boues sur terrain agricole (taux de plomb mesurés compris entre 110 et 210 mg/kg pour une norme de 100, taux de cuivre compris entre 110 et 150 pour une norme de 100, le taux du zinc étant lui inférieur à cette norme).

Nous avions été informés de l’existence de cette deuxième étude (sans pour autant pouvoir en obtenir une copie), ce qui nous avait conduit à prendre seuls l’initiative d’informer les jardiniers par voie d’affichage à la Cassine courant 2014. Dans le même temps, nous avions envisagé des solutions alternatives à la destruction que Chambéry métropole n’a pas pris le temps d’étudier. L’exemple d’Aubervilliers (93) où les jardins familiaux, contaminés par des éléments métalliques, avaient pu continuer à être exploités moyennant une vigilance appropriée de la part de l’Institut de Veille Sanitaire, nous semblait une bonne piste.

La mise en lumière de ces deux études nous posent aujourd’hui les questions suivantes :

  • pourquoi ces informations n’ont-elles pas été communiquées plus tôt, malgré les demandes répétées de notre association ?
  • quels étaient les risques sanitaires pour les jardiniers et auraient-ils dû être pris en compte dès 2013 ?
  • quelle est l’origine, l’étendue au sol et en profondeur de cette contamination et les risques potentiels pour la population alentour ?
  • la source de cette contamination est-elle aujourd’hui contenue ?
  • sur quelle base a été déterminée la procédure de dépollution mise en œuvre depuis le 3 février 2015 ?
  • pourquoi, comme les résultats de ces deux études, la méthodologie de cette dépollution n’a-t-elle pas également été mise à disposition du public ?
  • les méthodes employées sont-elles conformes aux procédures et à la réglementation en vigueur ?

Soucieuse de trouver des réponses à ces questions, Jardinons la ville 73 a écrit à la Préfecture de Savoie le 24 février 2015.

Téléchargez le courrier envoyé

En attendant la réponse à ces questions, notre association poursuit sa mobilisation pour défendre l’avenir de cet hectare de terre.

A lire également ci dessous, les questionnements posés à ce sujet par deux articles de la presse locale et nationale :

  • Article du Canard enchaîné du 3 mars 2015
  • Article du Le Dauphiné Libéré du lundi 16 février 2015

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2015-03-04 CanardEnchaine + titre (ptit)

2015-02-16 DL etude de sol [1280x768]