Publication des études liées à la pollution réalisées sur les jardins de la Cassine

Suite à l’avis favorable de la Commission d’Accès aux Documents Administratifs (CADA) puis à la saisie du tribunal administratif de Grenoble par un ancien jardinier de la Cassine, nous avons pu obtenir 4 études réalisées sur la contamination au plomb des terrains des jardins de la Cassine entre 2013 et 2015.

Face aux nombreuses questions encore en suspend sur cette « opération de dépollution » engagée par Chambéry métropole, nous mettons à disposition de tous ces 4 documents :

Dans notre communiqué du 13 octobre 2015, nous posions un certain nombre de questions sur ces études. A la lecture de ces documents, ces interrogations restent encore aujourd’hui d’actualité :

  1. Y a t’il eu une mise en danger de la santé des jardiniers entre octobre 2013 et février 2015 ?
  2. Y a t’il respect des procédures légales en matière de protection de l’environnement ?
  3. Y a t’il un conflit d’intérêt à Chambéry métropole dans la gestion de ce dossier ?
  4. Y a t’il gaspillage d’argent public par la prise de décisions hâtives, sans véritable base protocolaire ni expertise scientifique indépendante ?

Aidez nous à analyser ces documents en nous faisant parvenir vos commentaires sur notre site ou par mail à jardinonslaville73 (at) riseup.net.

 

Voici nos débuts de réponses à ces questions :

1/ Y a t’il eu une mise en danger de la santé des jardiniers entre octobre 2013 et fév0ete2014rier 2015 ?

La première étude de sols réalisée en octobre 2013 et dont les résultats sont confirmés par la deuxième étude datée de janvier 2014, montre que la Ville de Chambéry puis la Communauté d’Agglomération Chambéry métropole connaissaient la contamination au plomb des jardins de la Cassine. Aucune information sanitaire officielle et aucune mesure de précaution n’ont été prises pendant plus d’un an alors que les jardins étaient encore cultivés.

2/ Y a t’il respect des procédures légales en matière de protection de l’environnement ?

En 2013, l’étude d’impact réalisée dans le cadre de l’enquête publique du projet urbain de reconquête de l’axe de la Leysse concluait à la présence de plusieurs espèces protégées au sein même des jardins (Triton alpestre, Alyte accoucheur) et préconisait un certain nombre de mesures d’évitement et de compensation à mettre en place dès la phase travaux. Or, aucune mesure n’a été prise en amont ou au cours de la destruction des jardins conformément à l’article L.411-1 du Code de l’Environnement.

3/ Y a t’il un conflit d’intérêt à Chambéry métropole dans la gestion de ce 0fev2015dossier ?

Monsieur Michel Dyen, Vice-président de Chambéry métropole et Maire de Saint-Alban Leysse est en charge de ce dossier Cassine. Or, il se trouve que l’expert et le technicien travaillant sur la question de la dépollution des jardins occupent eux-mêmes également des postes décisionnaires à Chambéry métropole et dans la commune de Saint-Alban Leysse :

  • Monsieur Gérard Blake,expert, chargé du choix du procédé de dépollution et rédacteur de l’étude Confinement et phytoépuration des contaminants métalliques des terrains de la Cassine datée du 24 février 2015, est membre de la Commission agriculture, cours d’eau, développement durable et espaces naturels et de celle des déchets ménagers et assimilés de Chambéry métropole ; il est par ailleurs conseiller municipal délégué au développement durable et à la transition énergétique à Saint-Alban Leysse.

  • Monsieur Philippe Coddet, technicien en charge du dossier Cassine pour l’Agglomération est membre de la Commission chargée des politiques contractuelles, du projet d’agglomération et de l’évolution des compétences de Chambéry métropole ; il est par ailleurs 5ème adjoint au maire aux travaux et infrastructures dans la commune de Saint-Alban Leysse.

4/ Y a t’il gaspillage d’argent public par la prise de décisions hâtives, sans véritable base protocolaire ni expertise scientifique indépendante ?

La troisième étude de sols et le protocole de dépollution ont été rédigés postérieurement aux opérations d’excavation de terre ; ils ont révélé l’inadéquation de l’intervention avec les objectifs recherchés : l’étude de sol datée du 17 février 2015 a prouvé une contamination profonde supérieure aux 40 cm de terre excavée dans l’urgence.IMG_3458

Par ailleurs la dépollution choisie basée sur le principe d’une phytoremédiation par le maïs interroge même certains spécialistes de cette méthode encore expérimentale. Un chercheur spécialiste de la phytoremédiation des sols à qui nous avions transmis les documents de communication de Chambéry métropole explique que « le plomb dans le sol est souvent très peu disponible pour les plantes » et qu’une « conséquence de la faible disponibilité du plomb pour les plantes est que la phytoextraction de ce métal est peu efficace, surtout avec du maïs, plante qui absorbe généralement très peu de métaux dans ses parties aériennes récoltables. »

On peut légitimement se poser la question de l’efficacité souhaitée de cette opération de dépollution, dont le coût pour le contribuable n’est pas anodin.

Ressources :

Téléchargez les 3 études de sol réalisées

Téléchargez l’Etude Confinement et phytoépuration des contaminants métalliques des terrains de la Cassine datée du 24 février 2015 : http://www.jardinonslaville73.org/wp-content/uploads/2015/11/2015-02-24-Etude-confinement.BLAKE_.pdf et ses annexes